Il y a 6 ans, je rentrais en PCEM1 (désormais appelée PACES, mais année qui reste néanmoins semblable à celles que j'ai connues). Je ne savais pas encore où je serais en 2010, si je deviendrai ou non un jour médecin. Je n'avais aucune idée quelle gueule aurait ma vie aujourd'hui.

Aujourd'hui donc, je suis en DCEM4. J'ai franchit avec plus ou moins d'aisance tous les caps, j'ai glandé en P2-D1, j'ai commencé à apprendre les vraies choses utiles quand je suis devenue externe. Les stages ont été une véritable bouffée d'oxygène, m'ont donné l'envie d'apprendre la médecine autrement que dans les bouquins.

 

Aujourd'hui je suis une vieille, et demain je serai un bébé interne.

 

Mais pour l'instant, je dois vivre, penser, manger, rêver Epreuves Classantes Nationales. Enfin, c'est ce qu'on voudrait que je fasse.

Je pense à ceux qui comptent les jours en rayant chaque jour de leur calendrier virtuel ou en papier accroché à leur mur, une larme à l'œil ou une goutte coulant de leur front fébrile.

Ceux-là, ils savent ce qu'ils veulent faire et savent quelle place ils doivent atteindre. D'ailleurs, on leur rappelle souvent. On leur dit qu'ils doivent bosser dur, s'entraîner encore et encore, que le moindre petit mot-clef fera la différence, leur assurera leur carrière et le reste de leur vie.

Alors ils se lèvent chaque matin, se rendent à l'hôpital dans le service de leur rêve, s'y donnent à fond, pour se faire bien voir.
Puis il est l'heure de rentrer, de regarder leur petit planning bien tracé à la règle et aux feutres de couleur. Aujourd'hui, il faut relire 10 items du module 4 surlignés déjà 5 fois et faire au moins 20 dossiers cliniques.
L'heure tourne, et bientôt il leur faudra aller se coucher pour être en forme le lendemain pour une journée semblable aux autres.

Caféine et Guronsan
®  sont les meilleurs amis du PCEM1, du DCEM4 aussi. En mai, les bêta-bloquants prendront le relais. En juin, la vodka fera d'eux des gens enfin épanouis d'en avoir terminé avec le stress de la compétition. En juillet, le champagne coulera à flots.

Je suis conditionnée : moi aussi j'ai mon planning, mes items à ingurgiter, et mes dossiers cliniques à rédiger.
Je suis fatiguée et stressée par ce rythme que je n'arrive plus à suivre : conférences, gardes, contrôle continu de CSCT (ma-gni-fi-que invention), cours.
Mon cerveau n'est pas assez extensible pour retenir tout ce qu'on me demande, mais je le force.
Même pas le temps de prendre du plaisir à faire des choses simples, de trouver un exutoire.

Aujourd'hui je suis en DCEM4, j'en chie, et je ne sais pas encore où je serai en 2014. Mais ce qui est sûr, c'est que je serai médecin.